D’ici à 2020, les voitures sans conducteur arriveront en ville. Entre promesses sécuritaires et phobies technologiques, nuls doutes que ces innovations vont bouleverser le secteur des transports urbains.

Arrivée des voitures sans conducteurs

Google Car

Même si BMW, Audi ou General Motors lorgnent depuis longtemps le marché, c’est Google, fidèle à son image de pionnière en matière d’innovations technologiques, qui propose les premiers prototypes fonctionnels avec sa Google Car (pas celle qui scanne nos rues pour son outil de cartographie Google Maps, l’autre…). Le système embarqué de ces véhicules d’un nouveau genre est fort simple : un ordinateur de bord, des capteurs, une caméra vidéo et un radar. Rien de très nouveau me direz-vous : la plupart des véhicules contemporains embarquent déjà ce type de technologies. Mais le système repose surtout sur la puissance des algorithmes de conduite et l’autonomie de pilotage par la machine. L’équipe de Stanford recrutée par Google sur le projet devrait débuter prochainement les premiers essais sur route, en Californie. L’Australie vient également d’autoriser ce type d’essais. À cet effet, ou dans le but de prévenir les réticences relatives aux accidents récents, le campus de l’Université de Michigan a mis en place une ville-studio de 13 ha, la MCity, dans le but de « tester sans danger les voitures sans conducteurs ».

Des objets connectés comme les autres

Jeep hacked

Comme tout véhicule connecté, les voitures sans conducteurs ne sont pas invulnérables, surtout si l’on sait que les protocoles liés aux objets connectés ne sont pas sécurisés. Wired s’est prêté au jeu en demandant à deux hackers chevronnés de prendre possession d’un véhicule à distance : l’expérience est édifiante ! La réponse du constructeur, révélant là encore un manque évident de compréhension de ces technologies, fût de rappeler 1,4 millions de voitures au lieu de distribuer un patch de sécurité !

Il y a fort à parier que les pouvoirs publics devront prendre ces failles en compte avant de déployer des aréopages de véhicules sans chauffeurs dans leurs villes… et que les constructeurs feront tout leur possible les rassurer…

Les limites du village global connecté

Il est aisé d’imaginer les dangers intrinsèquement liés à de tels systèmes connectés. C’est un peu comme mettre tous ses œufs dans le même panier : plus les réseaux sont inter-connectés, plus ils sont vulnérables. Au-delà de la question de la surmultiplication des sources d’ondes, l’évaluation des risques en termes d’interception comme de cyber terrorisme représente un écueil non négligeable qu’il faut prendre sérieusement en compte. D’autant plus que les fabricants d’objets connectés ne semblent pas placer la sécurité en tête de leurs préoccupations, comme en témoigne l’expert en cyber sécurité Mikko Hyppönen.

De nouveaux modèles économiques pour la ville

Il sera toujours bon de s’interroger sur les apports des voitures sans conducteurs pour nos villes. Carlos Ghosn, patron de Renault, prédit que leur essor entraînera la fin des taxis tandis que d’étranges scenari tirés de nos fantasmes science-fictionnels les plus débridés prédisent un futur du transport bien plus merveilleux. Ces véhicules représentent un fort potentiel en termes d’image pour un territoire, mais espérons que les usages — plus que les sirènes d’un réanchantement des trasnports urbains — sauront guider les choix d’implantations locaux.

Pour aller plus loin

Vidéo promotionnelle du Google Self-Driving Car Project // Google
Vidéo de présentation de MCity // Michigan University
La voiture Google sans chauffeur testée en Californie // Linfo.re
Vidéo de Wired sur le hacking d’un SUV Jeep // Wired
Jeep rappelle 1,4 millions de voitures // ZDnet
CyberSécurité ; interview de Mikko Hyppönen // L’Atelier
Carlos Ghosn prédit la fin des taxis // BFMTV
Next : le futur des transports de la voiture autonome // Huffington Post
Comment aider les voitures sans conducteur à prendre des décisions éthiques // Massachusset Institute of Technology