Le hashtag n’est pas qu’un simple mot-clé. Aujourd’hui au cœur des stratégies numériques, il est un levier indispensable du marketing viral. Cet article vous propose de mieux appréhender ce puissant outil.

Dans ce premier opus, d’une série de 4 articles traitant du hashtag, nous aborderons les bases pratiques de notre sujet.

Définition & histoire

le hashtag selon Jimmy FallonLa préhistoire du hashtag prend sa source à l’origine même du web (autour des années 90), à l’époque où les bases de données relationnelles commençaient à s’imposer comme technologie majeure. Le « tag« , ou « mot-clé », avait alors simple valeur taxonomique, c’est-à-dire de classement de l’information. Sur la base des techniques d’indexation, les Sciences de l’Information ont particulièrement inspiré ces usages, en élaborant notamment des thesaurus : ensemble de mot-clés susceptibles de circonscrire une thématique dans sa globalité, et visant à faciliter la recherche d’information. Le tag s’est avéré particulièrement pertinent, en mode hypertexte, pour accéder à des informations de manière transverse.

Le hashtag, autrement appelé « mot-clé », « chemin de fer », « croisillon », plus élégamment « mot-clic » au Québec, ou depuis 2013 « mot-dièse » dans notre dictionnaire, a connu son heure de gloire avec l’avènement des médias sociaux.

Utilisé dès 2007 par Twitter, c’est à partir de juin 2009 qu’il permet (par lien hypertexte) d’accéder à l’ensemble des tweets qui contiennent ce hashtag. En septembre 2012, c’est au tour de Google+ d’intégrer le mot-dièse, puis c’est aux tours de Flickr et Vine; il faudra attendre juin 2013 pour conquérir Facebook. Ses deux principaux usages sont la visibilité (identification des centres d’intérêt) et le développement de la portée d’audience (par la propagation du hashtag auprès de ceux dont le sujet intéresse).

Un peu de sémiologie

mur de tags à New YorkLe hashtag n’est donc pas un simple outil d’indexation de l’information, il fait sens et peut servir de vecteur affectif. Certes il oriente la thématique du post, mais un de ses usages majeurs est la tendance à manifester une émotion, un sentiment. Par ailleurs la grande liberté dont nous disposons quant à sa création, son invention, fait de lui l’outil idéal pour ajouter une surcouche signifiante.

Contrairement aux idées reçues, il n’est pas une « balise hypertexte », terminologie qui renvoie aux balises du langage HTML, tendant ainsi à l’enclore dans une réalité purement technologique. Il crée une identification qui ajoute du sens et diversifie l’interprétation de lecture. J’y vois parfois comme un écho sémiologique avec le « tag » en Street Art, qui à la fois fait trace créative et manifeste une volonté irruptive. Un sorte de signature que l’on envisage à la fois comme une recherche d’identification esthétique (propre à nous caractériser individuellement) et surfant sur les tendances virales (bercé par l’imaginaire merveilleux du buzz). C’est à partir de ce paradoxe fondamental que vous devrez choisir, créer et faire bon usage du hashtag.

En pratique

Pour ce qui est de la pratique, et il est toujours bon de le rappeler, un hashtag commence toujours par le signe # et est composé d’un ensemble de caractères (lettres, chiffres, certains caractères spéciaux) concaténés les uns aux autres sans espace. Il est de coutume, lorsque l’on regroupe des mots ensemble pour former un hashtag, d’ajouter des majuscules pour plus de lisibilité.

TWITTER FACEBOOK INSTAGRAM GOOGLE+
#EuroBasket2015
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→ Forme 1 seul hashtag
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→ Autre écriture possible (mais moins lisible) qui donne les mêmes résultats
#Euro Basket 2015
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→ Le rendu est bien différent : les espaces scindent le hashtag
#Euro-Basket-2015
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→ Les caractères spéciaux scindent aussi le hashtag
#Euro_Basket_2015
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→ Celui-ci n’étant pas le hashtag officiel recommandé par la FIBA, il est nettement moins utilisé, et donc beaucoup moins pertinent…

Pour aller + loin…